L’entrée en fonction d’un nouveau manager

 

Pour le manager débutant, les premiers mois de sa prise de poste sont cruciaux. Jusque-là salarié terrain, il doit soudain exercer un métier qu’il connaît peu (l’encadrement d’une équipe) – tout en gardant souvent une activité importante de production.

Comme cette nouvelle fonction lui a été généralement confiée rapidement, sans insister sur l’importance du rôle d’encadrement, le manager pense souvent qu’elle est essentiellement une promotion. Il réalise rarement qu’il s’engage dans un nouveau métier.

Il continue alors, naturellement, à se consacrer à ce qu’il faisait bien, avant : la production. Mais « dérangé » par les sollicitations de ses collaborateurs et de sa hiérarchie, il réagit plus émotionnellement que professionnellement aux situations rencontrées.

Produisant de manière moins satisfaisante – du fait des « interférences », ne s’occupant pas vraiment de son équipe, le manager risque de voir progressivement la situation lui échapper. Les collaborateurs, non managés, se décourageant et devenant peu coopératifs.

Les non-dits et les conflits fleurissent, les objectifs et délais ne sont pas respectés et les critiques s’amoncellent.

Comment optimiser cette prise de poste

 

Pour éviter de tomber rapidement dans des situations ingérables, et que le nouveau manager se sente illégitime et incompétent, il est nécessaire :

  1. Qu’avant d’exercer son rôle d’encadrant, il comprenne et accepte qu’il s’agit d’un nouveau métier. Qu’il en connaisse les fondamentaux et les postures à respecter. Qu’il décide en conscience de les appliquer
  2. Qu’il réussisse ses premiers pas dans le poste : ceux où ses collaborateurs et sa hiérarchie se feront une première impression ; ceux où les bonnes habitudes pourront plus facilement être prises.
  3. Qu’il se forme, dès son entrée en fonction, à la pratique des fondamentaux du management.

3 périodes clés pour réussir son entrée en fonction 

 

1 – Le mois précédant la prise de poste :

 

  • Comprendre les fondamentaux du management ; en parler, si possible, avec des managers ayant développé bien-être et engagement chez leurs collaborateurs.
  • Rencontrer son prédécesseur pour connaître : l’activité et les objectifs du service, le profil des collaborateurs : leur état d’esprit, leurs objectifs annuels, leurs conditions optimales de fonctionnement…; les réunions et entretiens qu’il anime régulièrement avec eux ; les actions en cours, les urgences à traiter, les contraintes à respecter, les gens utiles à l’extérieur du service…
  • Définir avec son futur N+1 une feuille de route pour les 3 premiers mois : objectifs, « périmètre d’action », ressources à sa disposition ; organiser avec lui la première rencontre avec l’équipe ; convenir de la manière de travailler ensemble et de dates de rencontres ; connaître les sujets sensibles pour lui.
  • Réfléchir et prendre conseil, si certains des futurs collaborateurs sont d’anciens collègues, à la manière de partir du bon pied avec eux.
  • S’entraîner à la conduite des deux premières situations importantes de sa prise de poste : la réunion de présentation mutuelle avec l’équipe et l’entretien avec chaque collaborateur.
  • Si non expert des domaines maîtrisés par les futurs collaborateurs, trouver avec le N+1 la bonne manière de se positionner.

 

2 – Le mois de la prise de poste :

 

  • Dans les premiers jours de l’arrivée, participer à une réunion avec l’équipe, animée idéalement par votre N+1, pour vous présenter et dire ce que vous avez appris et apprécié dans vos fonctions précédentes. Mais aussi pour demander à chaque collaborateur de parler de lui et de poser les questions qu’il souhaite. Enfin pour définir ensemble le mode de fonctionnement et le calendrier du mois à venir.
  • Commencer une formation à la pratique des fondamentaux du management.
  • S’entretenir avec chaque collaborateur pour découvrir ce qu’il aime et sait bien faire ; son rôle dans l’équipe et ce qu’il souhaiterait apporter ; ce qu’il sait de l’entreprise, de ses objectifs, de sa stratégie, de ses valeurs ; le sens pour lui et l’importance de son travail ; ses motivations, ses talents, ses attentes, ses enjeux personnels dans le poste, ses priorités, ses contraintes, ses souhaits d’évolution ; ses recommandations d’améliorations « 360° ». Et pour répondre à ses questions.
  • Etre au service de ses collaborateurs et ne faire aucune critique ; leur apporter modestement son aide, chaque fois que possible.
  • Rencontrer son N+1 régulièrement pour recueillir ses observations et partager questions et étonnements.
  • Faire un point détaillé avec lui, à la fin du mois, sur la feuille de route convenue.

 

3 – Les deux mois suivants :

 

  • Terminer sa formation à la pratique des fondamentaux du management.
  • Mener régulièrement réunions de travail avec l’équipe et points individuels avec chaque collaborateur ; proposer et solliciter des « feedbacks » autant que nécessaire.
  • Sécuriser, associer et veiller au développement de ses collaborateurs : en habitant son rôle, en étant centré sur eux et en les traitant en partenaires.
  • Rencontrer son N+1 à la fin de chaque mois pour suivre l’avancée de la feuille de route et l’adapter si nécessaire.
  • Partager un rapport d’étonnement positif avec ses collaborateurs, décrivant ses bonnes surprises et les questions qu’il se pose.
  • Réfléchir avec eux à des améliorations possibles via, par exemple, un projet fédérateur.

Remarque

Plusieurs de ces dispositions s’appliquent aussi à un manager non débutant arrivant à la tête d’une nouvelle équipe.

Conclusion

 

En respectant les conditions ci-dessus, le manager débutant établit rapidement une relation de confiance et de coopération avec ses collaborateurs. Il installe ainsi les fondations de sa réussite dans son nouveau poste.

Pin It on Pinterest

Share This

Nous appeler